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Charly Simo : interview de l'entraineur national de cécifoot  
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Interview de Charly Simo – Sélectionneur de l’équipe de France Cécifoot

Nous retrouvons aujourd’hui Charly Simo, sélectionneur de l’équipe de France de Cécifoot, pour une interview. Le Cécifoot est une discipline handisport, permettant à une personne ayant un handicap visuel, de pratiquer  le football. Cette discipline est aussi appelée football à 5. Ce sport suit les règles de la FIFA, avec les aménagements nécessaires afin de tenir compte du handicap des joueurs. Depuis 2004, le Cécifoot est une discipline Paralympique, ou la France a été médaillée d’argent aux derniers Jeux de Londres.

Bonjour Charly, tout d’abord, félicitations pour ton parcours professionnel et ta médaille d’argent aux Jeux Paralympiques de Londres. Charly, peux-tu nous décrire ton parcours professionnel, de joueur, à l’acquisition des diplômes d’entraîneur, en passant par ton passage à l’AS Gien jusqu’à la prise en main de la Sélection nationale française ?

Bonjour Stéphane, merci d’avoir pensé à moi, ça me touche énormément et prouve que mon modeste investissement auprès des personnes handicapées visuellement est apprécié. J’ai eu une très courte carrière de joueur professionnel.  J’ai fait les catégories de jeunes au niveau national au Cameroun, ou je suis né, et j’ai fait parti des équipes nationales. Professionnel de 17 ans à 24 ans en Grèce, en Autriche et en Belgique. En France j’ai eu un bref passage à Luçon Vendée en 2005, une saison en DH avec Muret en haute Garonne. Comme entraîneur, j’ai passé le Brevet d’Etat d’éducateur 1er degré en 2008 à la Ligue du Midi Pyrénées, ensuite j’ai entraîné les jeunes benjamins du club Muret puis les U19. Je suis arrivé ensuite à Gien en décembre 2009 où j’ai passé deux saisons comme responsable technique, manageur général du club (entraîneur de l’équipe Sénior 1 DHR ainsi que les U6 U7). En ce qui concerne le Cécifoot, j’ai connu la discipline en 2004 pendant les Jeux Paralympiques d’Athènes. J’ai commencé par entraîneur de l’équipe de Saint Mandé en 2007 et l’année suivante j’ai intégré l’équipe de France B2/B3 (mal voyants) en tant qu’adjoint. Depuis 2010 je suis sélectionneur national des malvoyants et adjoint des non voyants médaillés d’argent aux Jeux de Londres. Depuis janvier 2013 j’ai été nommé par le directeur sportif, sélectionneur de l’équipe espoir des non voyants (U23) et responsable des 3 pôles de performances qu’on vient de créer pour améliorer la pratique dans les différentes régions de France. Voilà en gros mon modeste parcours et missions.

Comment arrive-t-on à entraîner une équipe de Cécifoot ?

Pour entraîner une équipe de Cécifoot, il faut passer des diplômes de football et se rapprocher d’un club de Cécifoot. Ensuite il faut poser sa demande comme cela se fait dans le foot classique. Nous proposons aussi des formations spécifiques Cécifoot à la Fédération Française d’Handisport. Il faut surtout avoir des compétences car c’est du foot.

Charly, tu viens du monde des « valides », comment un technicien peut adapter ses compétences ou sa méthodologie à destination d’une personne aveugle ?

Mon travail est de « rendre visible ce qui est encore invisible pour les cécifooteux ». Je m’adapte au public tout simplement, c’est la principale capacité qu’on m’a apprise lors des formations fédérales et c’est le maître mot d’un éducateur : S’ADAPTER !

Tes joueurs sont donc des hommes ayant le statut d’athlète de haut niveau. Le rythme d’entrainement est donc aménagé, ce ne doit pas être simple tous les jours. Aucun joueur n’est rémunéré et ils ont tous un travail ou sont étudiants.

Ce qui me fascine c’est que les mecs sont des passionnés. A partir de la, ils donnent tout et ne compte pas. C’est des vrais pros même s’ils ne sont pas payés. Le rythme n’est pas du tout aménagé, ils s’entraînent trois soirs par semaine avec moi et ils ont deux séances individuelles en salle de fitness, sans compter des séances spécifiques quand un joueur en a besoin.

Comment trouves-tu le niveau du championnat B1 (non voyant) ainsi que le B2-B3 (malvoyant) qui sont composés de 9 à 10 équipes selon l’année ?

Nous avons travaillé sur la politique de présentation de notre championnat et cette année elle sera différente. Il n’y aura plus trois regroupements par an comme avant mais plutôt un championnat réparti en trois zones (régionales) puis une phase finale qui sera festive. En ce qui concerne le niveau, il est parmi les meilleurs en terme d’équipe car nous avons 10 équipes en B2/B3 et 9 en B1 ce qui n’est pas le cas dans les pays majeurs de la discipline. Techniquement, le niveau est assez relevé depuis 2009, vous verrez notamment que ce n’est pas toujours les mêmes clubs qui gagnent le championnat dans les deux catégories. Les équipes jouent mieux, ça joue au foot avec tous ces ingrédients : technique, tactique, physique et mental.

Dans mon article publié en mars 2012, je disais que cette discipline était « une activité d’intégration, un tremplin exceptionnel de développement personnel ». Pour toi, qu’est-ce que le Cécifoot apporte à tes joueurs ?

Pour moi, le Cécifoot c’est l’école de la vie. Une discipline qui apporte une vraie rééducation pour ceux qui sont nés ou ont perdus la vue. Sur le plan individuel, il constitue une vraie reconstruction, un outil d’acquisition d’autonomie, de confiance et d’intégrations sociales.

Et à toi, que t’apporte le Cécifoot ?

Que du bonheur. Je prends un énorme plaisir à travailler avec les cécifootballeurs. Je suis bien placé pour vous le dire, moi qui ai travaillé dans le foot traditionnel où j’avais des joueurs qui trichaient alors qu’ils sont payés, qui ne respectent pas le football et de surcroît ses coéquipiers, ainsi que l’éducateur. Je n’entrerais pas dans les détails mais tu connais très bien les problèmes que rencontre le foot amateur aujourd’hui.

Aujourd’hui le Cécifoot (et l’handisport en général) au même titre que le football féminin, est peu médiatisé, sens-tu une évolution tout de même sur les dernières années ?

Ce qui est sûr, c’est qu’avec nos performances aux Jeux de Londres, les choses commencent à bouger. Le même engouement qu’a connu le foot féminin. Nous avons été la première discipline paralympique française à avoir une diffusion d’un match en direct sur France Télévision, ce n’est pas rien (la finale des Jeux sur France Ô). Avec le travail et la répétition des grandes performances, je suis convaincu que les médias vont suivre. De toute façon les anglais nous ont donné une grande leçon sur ce plan pendant les Jeux de Londres.

Tout à l’heure je mentionnais le statut d’athlète, penses-tu que l’on pourra enfin donner le statut de joueurs professionnels bientôt ? Comment peut-on y arriver selon toi ?

Pour l’instant je ne prendrais pas le risque de m’avancer sur ce sujet. Déjà, il faudrait avoir des entraîneurs professionnels. Je tiens juste à dire ici que du directeur sportif, à nous les entraîneurs, nous sommes bénévoles, c’est à dire que nous ne sommes pas payés pour faire ce que nous effectuons depuis des années. Même pour les Jeux Paralympiques, à partir de là, fais toi même ton analyse et réponds objectivement à la question.

Aujourd’hui la France est double championne d’Europe, vice-championne paralympique, on peut dire que l’on se situe au niveau des 3-4 premiers mondiaux aux côtés du Brésil, de l’Espagne et de la Chine ?

On a franchi un pallier, reste à confirmer sur la durée.

Quels sont les prochains rendez-vous importants de l’équipe de France ?

Nous avons un stage France B1 à Paris, le weekend du 1, 2 et 3 mars. Ensuite nous avons un second stage fin mai à Bordeaux. A partir de mi-juin nous avons la Coupe d’Europe des B1 en Italie puis un stage B2/B3 sera probablement organisé fin juin. Il y a également le tournoi Futsal pour les B2/B3 à déterminer et probablement la compétition mondiale des U23 fin novembre en Argentine.

Au delà des handicaps et des règles du jeu, quelles différences perçois-tu entre le Cécifoot et le football moderne ?

Pour moi il y’a pas de différence, c’est du foot. Bien évidement la différence peut se situer au niveau des salaires qui existent dans le foot classique et pas chez nous (rire).

Le Cécifoot, c’est plus que du sport, c’est une discipline porteuse de valeurs. Toi qui côtoie ce milieu, quelles sont les valeurs véhiculées et omniprésentes dans ce sport ?

La générosité, le partage, l’amour et le respect. Toujours aller au bout de ses limites.

En quelques mots peux-tu nous parler de Julien Zelela le directeur sportif qui fait un gros boulot pour promouvoir cette discipline ?

Julien, c’est un homme qui a tout fait pour cette discipline en France et dans le monde entier. Depuis 20 ans il se bat au quotidien pour que la discipline soit reconnue et que l’on améliore la pratique. C’est un gros bosseur, généreux, exigeant et surtout un ancien footballeur et cécifootballeur. Tu ne peux pas imaginer le nombre d’heures qu’il passe devant son ordinateur pour pondre des projets Cécifoot afin d’améliorer la pratique, trouver les partenaires, gérer, organiser… C’est un fou du travail. Je crois que c’est la plus belle rencontre que j’ai faite dans ma vie et j’ai la chance de travailler à ses cotés.  C’est que du bonheur d’apprendre de lui. Je tiens ici à le remercier pour tout car les mots me manquent pour le décrire.

Il y a quelques mois sur les ondes de RMC, plus précisément dans l’émission de l’After Foot dirigée par Gilbert Brisbois avec Daniel Riolo, tu mentionnais le fait d’inclure un module spécifique au football-handicap dans les Brevets d’Etat. Peux-tu nous expliquer l’importance que cela aurait dans les méthodes d’entraînement et comment on pourrait intégrer cette idée dans les modules ?

Je n’invente rien, mais c’est les responsables de la formation du Brevet d’Etat de la Ligue du Midi Pyrénéens qui m’avaient sollicité à cet effet. Précisément monsieur André Perrot. Je crois qu’aujourd’hui avec la signature de la convention avec la FFF (Fédération Française de Football), nous appartenons à la grande famille du football, et pour cela, c’est juste une logique que tous les footballs soient enseignés aux futurs éducateurs. Sur le plan pédagogique, c’est très enrichissant d’avoir une autre approche du foot. Le Cécifoot est le véritable sport qui montre et confirme la capacité d’adaptation des séances, des programmations et de planifications. C’est la que l’éducateur doit pouvoir « rendre visible ce qui est invisible pour des joueurs ».

Dans un avenir plus ou moins proche, comptes-tu de nouveau entraîner une équipe de football à 11 ou tu souhaites rester et tenter de développer le Cécifoot ?

Pour l’instant je passe l’UEFA A qui est connue sous le nom de DEF (Diplôme d’Entraîneur de Footballeur), après je suis ouvert à toute proposition étant donné que je ne vis pas du Cécifoot en tant que bénévole. Mon souhait est d’intégrer une structure pro ou un club avec beaucoup d’ambitions tout en continuant de participer au développement du Cécifoot français comme je l’ai toujours fait. C’est véritablement mon souhait.

Pour finir, quel message peux-tu transmettre à nos lecteurs qui leur donnerait envie d’assister et même de participer à un/des match(s) de Cécifoot ?

Je dirais juste que le « Cécifoot, c’est du foot » venez par curiosité, vous resterez par passion. Vous comprendriez mieux ce que je vis en termes de sensations, d’humilité et de plaisir.

Charly, je te remercie d’avoir pris le temps de répondre à mes questions, j’espère que l’on pourra entendre parler davantage du Cécifoot. Je te souhaite une très bonne fin de saison ainsi qu’au staff et au directeur sportif.

Je te remercie aussi et encourage ton initiative. J’en profite aussi pour remercier Julien Zelela (DS), Toussaint Apkweh (Manageur Général Cecifoot) et Daniel Martins (Ostéopathe Kiné de l’équipe de France). Ce sont eux qui font ma fondation et qui me poussent vers le haut depuis des années.

Ces propos ont été recueilli par Stéphane Poignard. Nous le remercions pour cet article, que nous avons voulu partager avec vous de par son originalité et son importance dans le milieu du Handisport. Retrouvez le sur son blog, Blogde2foot, ainsi que sur son Twitter et sa page Facebook. Rappel des règles générales du Cécifoot ici.

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One comment

  1. Salut…je mapel NICO. Je connais Charly du cécifoot, c’est un mec super sympa, un très bon coach et apparament aussi bon dans les médias lol.

    Bonjour à Charly, Toussaint,Julien et Lawrence…les 4 personnes qui dirigent le cécifoot et qui permettent à beaucoup de monde de sourire, d’être heureux, de voyager et de jouer au foot.

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